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SOS Hommes Battus

Statistiques ONDRP - octobre 2012 + mot de la présidente

23 Octobre 2012, 11:22am

Publié par SOS Hommes Battus

La réaction de notre présidente :

 

"L'observatoire national de la délinquance et des réponses pénales vient de faire paraître les chiffres de sa dernière enquête de victimation.

Les chiffres sont révélateurs : les violences conjugales existent bel et bien envers les femmes comme envers les hommes, c'est un fait.

Le premier constat est que le nombre de femmes victimes de violences conjugales est ne baisse constante depuis plusieurs années. Encore une fois, il ne s'agit pas de nier ces violences faites aux femmes mais bien de constater que l'hyper-médiatisation de ce sujet a fini par faire croire qu'elles étaient partout et que toute femme naissait victime.

Le second constat est l'accroissement du nombre d'hommes victimes de violences conjugales. Sont-ils plus nombreux ? Parlent-ils plus ? Mais 136 000 se déclarent victimes de violences conjugales sur les deux années passées. Deux années de souffrance....

On constatera, comme souvent dans les enquêtes européennes sur les violences conjugales, que l'échantillon constitué de femmes est bien plus grand que celui composé d'hommes (37554 / 29336) soit une différence de 28 %, joli biais statistique qui pourrait à lui seul peut être expliquer les différences de réponses entres les deux groupes "toute chose égale par ailleurs".

Si ces chiffres sont révélateurs d'une tranche de vie des couples en France, ils n'ont qu'un intérêt que si on cherche -encore une fois- à opposer les hommes aux femmes, comme si les violences conjugales étaient une course qu'il fallait gagner en présentant le plus grand nombre de victimes. Certes ça permet d'être médiatisé, ça permet d'obtenir des subventions, ça permet même d'obtenir un ministère c'est dire... mais peut importe les chiffres, il n'y aurait qu'une homme victime et une femme victime, cela serait inacceptable.

Alors bien sur c'est passionnant une enquête de victimation. Mais ce que l'ONDRP ne nous dit pas, pour les hommes comme pour les femmes, c'est si ces personnes qui se déclarent victimes sont les mêmes que celles qui ont déposées plainte et on peut craindre que ceux et celles qui ont osé exprimer leur souffrance lors de l'enquête n'ont jamais réussi à passer le pas de porte d'un commissariat. Lorsque l'ont sait que dans son rapport annuel de 2011 l'ONDRP estimait que près de 3 % des hommes victimes déposaient plainte, on fera un simple calcul pour estimer le chemin qu'il reste à faire aux hommes pour se reconnaître et être reconnus comme victimes de la violence de leur compagne.

Si cette enquête permet de développer une prévention COMMUNE contre les violences conjugales faites aux femmes mais aussi faites aux hommes et contre les impacts que ces violences ont sur leurs enfants, alors elle aura servi à quelque chose. Sinon, elle n'aura servi qu'à montrer encore plus que certaines femmes, tout comme certains hommes, ne sont en couple que pour dominer et asservir.

 

Sylvianne Spitzer

Fondatrice et présidente de SOS Hommes Battus"

 

 

 

 

L'Observatoire national des la délinquance et des réponses pénales vient de faire paraître ses dernières statistiques. Vous pourrez en lire la totalité ici.

 

Sachant que la taille de l'échantillon étudié est pour les femmes de N = 37554 et pour les hommes N = 29366

 

 

Femmes victimes de violences physiques ou sexuelles

par conjoint ou ex conjoint :

18,4 pour mille (ou 1,84 %)

soit 400 000 femmes victimes sur ces 2 dernières années

 

Hommes victimes de violences physiques ou sexuelles

par conjoint ou ex conjoint :

6,4 pour mille (ou 0,64 %)

soit 136 000 hommes victimes sur ces 2 dernières années

 

Deux facteurs ressortent :

la tranche d'âge : les 25 à 34 ans et les 34 à 35 ans

le niveau de scolarité : être diplomé de l'enseignement supérieur multiplie par 2 la probabilité de se déclarer homme victime (par rapport au niveau CAP/BEP)

 

Dans les quartiers "mixtes" (pavillons et immeubles), le taux de victimation par l'ex conjoint ou le conjoint pour les hommes arrive à : 15 pour mille (ou 1,5 %) soir 3 fois plus que la population de référence ("quartier pavillonnaire" : 0,49 %)

 

 

Lire aussi l'article du Nouvel Obs.com : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121023.FAP1562/les-hommes-tres-diplomes-sont-plus-souvent-victimes-de-violences-conjugales.html

 

Commenter cet article

SOS Hommes Battus 24/12/2012 15:54

Vous reprenez les mêmes biais que dans toute étude de victimation. Chaque type d'études à ses biais, les études de victimation en ont d'autant plus qu'on ne sait quelles questions sont posées aux
victimes et lorsqu'on a accès aux questions, elles sont posées de telle façon à ce que les termes "crimes" ou "violence" ne soient pas évoqués (or lorsqu'ils le sont le nombre de personnes -et tout
particulièrement de femmes- qui se disent victimes de violences conjugales baisse drastiquement).Ensuite, les questions, ne sont pas posées de la même façon aux hommes qu'aux femmes, même si elles
sont rédigées de la même façon... Il existe donc bien des biais qui justifie les différences.

Maintenant lorsque vous écrivez "...pour obtenir près de 21 % d'hommes victimes de violences conjugales. Cette estimation peut paraître excessive...", tout est dit. Toutes les études anglo saxonnes
(USA, UK, Australie, Canada...) montre qu'il y a autant d'hommes que de femmes victimes de violences conjugales, et dans certains états, il y a même plus d'hommes victimes que de femmes ! Tant que
vous tenterez de démontrer que les hommes sont moins victimes que les femmes, vous serez dans des biais.

enraje 24/12/2012 14:28

Bonjour,

Je souscris tout à fait à votre propos mais effectivement votre usage des statistiques est maladroit et dessert vraiment le propos. Merci au contributeur précédent d'avoir posé les bonnes
questions. Je pense qu'il ne sert à rien de partir dans des démonstrations mathématiques grossières, l'important c'est que cela existe et qu'il faut lutter.

SOS Hommes Battus 24/12/2012 15:58



Non, vous partez tous dans des biais dans votre volonté de continuer à croire que les hommes victimes sont moins nombreux que les femmes victimes (de violences conjugales) et donc obligatoirement
la démonstration vous gène.
L'important est que cela exsiste ? J'aimerai vous croire. Mais non cela ne suffit pas, la preuve en est que les violences conjugales faites aux hommes existent depuis la nuit des temps et malgré
cette connaissance de ces victimes tout le monde s'en fout. Il faut donc sortir des chiffres et si possible, paradoxalement, arriver à montrer que oui les études présentent des biais qui vont
dans le sens d'une volonté de poser les femmes en victimes nées et que oui il y a autant d'hommes que de femmes victimes. C'est malheureusement seulement lorsqu'on aura fait ces constats que la
cause des hommes victimes sera entendue, prise au sérieux et gérée.



fvsch 03/12/2012 20:01

Bonjour,

Merci pour le relai de ces informations. Je m’interroge cependant sur le contenu du mot de la présidente de SOS Hommes Battus, Sylvianne Spitzer, et sur les conséquences logiques d’une partie du
discours développé. Peut-être pourrez-vous m’éclairer sur les thèses sociales soutenues par SOS Hommes Battus?

Premier élément problématique, je cite: «soit une différence de 28 %, joli biais statistique qui pourrait à lui seul peut être expliquer les différences de réponses entres les deux groupes "toute
chose égale par ailleurs"»

En quoi une différence de 28% entre deux groupes est-elle un biais statistique, sachant que l’on parle d’enquêtes portant sur des groupes de quelques dizaines de milliers d’individus. Y a-t-il une
règle en théorie statistique expliquant qu’une différence de taille de près de 30% entre deux échantillons va se traduire par des différences de proportions dans les réponses à une enquête? Si
j’interroge 29.000 hommes et que 6,4 pour mille déclarent avoir été victimes de violences par leur (ex-)conjoint, quel résultat vais-je obtenir en interrogeant 40.000 hommes? Il me semble que la
proportion devrait rester sensiblement la même, soit 6,4 pour mille (si elle bouge légèrement en fonction d’un aléa statistique, en toute probabilité elle peut tout autant monter à 6,5 pour mille
que descendre à 6,3 pour mille).

En quoi s’agit-il donc d’un biais statistique? Et qu’entendez-vous par «expliquer les différences de réponse»? Est-ce à dire que la différence de déclarations positives entre les hommes et les
femmes sur cette question (18,4 pour mille pour les femmes, 6,4 pour mille pour les hommes) s’explique par cette différence d’échantillon? Est-ce à dire qu’à échantillons égaux on aurait eu 18,4
pour mille de réponses positives chez les hommes? Ou 10 pour mille? Ou 8 pour mille? Il me semble que la différence entre les réponses des hommes et des femmes ne peut justement pas s'expliquer par
une différence de taille d'échantillon. S'il existe une autre explication à ces différences que la seule réalité des faits, il faut la chercher ailleurs que dans une incompréhension de la logique
statistique.

La deuxième partie qui m’intrigue est la suivante: «Mais ce que l'ONDRP ne nous dit pas, pour les hommes comme pour les femmes, c'est si ces personnes qui se déclarent victimes sont les mêmes que
celles qui ont déposées plainte et on peut craindre que ceux et celles qui ont osé exprimer leur souffrance lors de l'enquête n'ont jamais réussi à passer le pas de porte d'un commissariat. Lorsque
l'ont sait que dans son rapport annuel de 2011 l'ONDRP estimait que près de 3 % des hommes victimes déposaient plainte, on fera un simple calcul pour estimer le chemin qu'il reste à faire aux
hommes pour se reconnaître et être reconnus comme victimes de la violence de leur compagne.»

Il me semble qu'ici on mélange un peu tout. L'étude de l'ONDRP est déclarative, et comparer les déclarations de victimisation dans une enquête et le nombre de plaintes enregistrées est pertinent.
Mais la manière dont vous rapprochez les deux informations semble laisser entendre que le faible nombre de plaintes prouve que les hommes interrogés dans cette enquête ont sous-déclaré les
violences dont ils sont victimes. Après le rappel de la statistique «3% des hommes victimes déposent plainte», vous enchainez par «on fera un simple calcul pour estimer le chemin qu'il reste à
faire aux hommes pour se reconnaître et être reconnus comme victimes». Quel simple calcul au juste, avec quels chiffres? Le chiffre de 3% de plaintes déposées? Donc si 6,4 pour mille hommes
déclarent être victimes (anonymement dans une enquête, pas au commissariat pour porter plainte), et que ce chiffre de 3% que vous rappelez est significatif pour la question de «se reconnaitre […]
comme victimes», la rhétorique voudrait qu’on fasse un simple calcul, ici une règle de trois, pour obtenir près de 21% d'hommes victimes de violences conjugales. Cette estimation semble excessive,
en plus d'être assez peu fondée en logique. Ce n'est donc certainement pas le simple calcul que vous évoquiez.

Quel simple calcul faudrait-il donc faire? Par ailleurs, vous reconnaitrez qu'il existe une différence importante de pression sociale subie entre le dépôt d'une plainte et une réponse anonyme à une
enquête. Sans dire que les pressions et injonctions sociales (typiquement: l'homme doit être fort, il ne peut pas être victime ou se penser comme tel…) ne joue aucun rôle dans les déclarations
recueillies, quelle correction apporteriez-vous au résultat de 6,4 pour mille pour tenir compte du rôle des injonctions sociales pouvant décourager les hommes de se dire victimes même anonymement?
Parallèlement, quelle correction apporteriez-vous aux déclarations des femmes (18,4 pour mille)? Quelles seraient alors vos estimations, s’il y a lieu de faire des estimations?

À moins que le simple calcul évoqué ne consiste à inverser la statistique, c’est-à-dire à penser aux 97% d’hommes victimes de violences conjugales qui ne portent pas plainte, ce qui est en effet
une bonne indication de la difficulté sociale qu’il y a à porter plainte ou même à se concevoir comme victime.

Par ailleurs, je vous suis parfaitement dans votre volonté de ne pas entretenir la guerre des chiffres. Cependant, par ce qui est indubitablement une erreur logique lorsque vous parlez de
statistique, et peut-être par le biais de votre maladroit «on fera un simple calcul» donné sans plus d’explications, votre propos semble être de dire que la différence de proportion entre les
femmes victimes et les hommes victimes de violences conjugales (près de trois quarts des victimes étant des femmes, d’après les résultats de l’étude) est une différence illusoire. Est-ce à dire que
vous estimez que les violences conjugales touchent en réalité les hommes dans des proportions similaires aux femmes (mettons 50%, ou 45% peut-être)? Pourriez-vous préciser votre propos sur ce
point?

Autre question: quelle est la position de SOS Hommes Battus sur la théorie féministe selon laquelle il existe dans les sociétés occidentales une spécificité des violences conjugales envers les
femmes, spécificité qui reposerait sur un ensemble de schémas culturels «autorisant» ou justifiant la violence des hommes ou la violence contre les femmes. Adhérez-vous à cette théorie, tout en
poursuivant un travail militant parallèle (et dans une certaine mesure complémentaire)? La réfutez-vous?

Merci d’avance pour tout éclaircissement.
Cordialement,
– Florent Verschelde

SOS Hommes Battus 07/12/2012 13:48



Non, et nous nous étonnons toujours de ce besoin de coller des étiquettes.


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